Salon international de l’industrie du Mali
Festival international des nuits du Kamalein n’goni
La 7ème Edition du Festival International de Sélingué
       
Territoires intérieurslundi 7 novembre 2016 - vendredi 25 novembre 2016Art & Culture

Description  

Les artistes photographes

Adama Kouyaté (Ségou)

Adama Kouyaté a fait ses premiers pas de photographe à Kati au Mali au début des années cinquante. Il a tenu un studio en Haute Volta (actuel Burkina Faso) puis en Côte d’Ivoire avant de poser son regard sur les habitants de Ségou. C’est après le coup d’état militaire de 1968 qu’il ouvre son studio. Depuis, il vit dans la ville des balanzan.

 Sadio Diakité (Kayes)

Sadio Diakité est né à Kayes. Employé des chemins de fer, il a appris la photographie lors d’un séjour de formation en France. De retour à Kayes, le mécanicien a continué à tirer le portrait des voisins. Il a finit par installer son studio dans un coin de sa maison. Sadio Diakité vit sa tranquille retraite au milieu de sa famille à Kayes Khasso.

Hachimi Oladejo Lawal (Gao)

A Gao, très peu de personnes connaissent l’origine de Monsieur Hachimi. Seuls quelques contemporains du photographe se rappellent du magicien qui officiait sur la place du marché « Washington » devant sa grosse boite jaune posée sur trois longs pieds en bois (la caméra box). Il ne parlait pas un mot de sonrai (le dialecte local). Pour se faire comprendre, il mélangeait l’anglais et le yoruba et mêlait le tout à de grands gestes.

Le propos

Hier comme aujourd’hui, des photographes de métier pratiquent le « studio » à travers tout le Mali. C’est pendant les années cinquante que la pratique photographique toucha les sensibilités autochtones. Très vite, les photographes occidentaux s’entourèrent d’apprentis et d’aides à tout-faire locaux conquis par la magie de la photographie. Quelques années après, dans toutes les grandes villes du pays, on trouvait deux ou trois studios qui tiraient le portrait des notables et documentaient la vie sociale. Ces photographes des « territoires intérieurs » ont tout appris sur le tas. Ils ont tant bricolé avant d’y arriver.

Après le départ du Mali des photographes français et libano-syriens, leurs apprentis prirent place. En même temps que l’indépendance, ils s’installèrent pour de bon. Ce sont les nouveaux photographes autochtones. Presque au même moment, les photographes des côtes anglophones de l’Afrique de l’Ouest arrivèrent, au Mali, du Ghana et du Nigéria. Il y avait de la place pour tout le monde. Pendant que les uns ouvraient des studios dans les grands centres urbains, les autres parcouraient le pays.

Adama Kouyaté est un de ces photographes nomades, lui qui, est entré en photographie, tout près de Bamako (à Kati) et a fait, de 1962 à 1968, le tour des pays voisins (Haute Volta et Côte d’Ivoire) avant de s’établir à Ségou. Sadio Daikité, lui, a toujours tenu studio à Kayes. Mécanicien des chemins de fer, il découvre la photographie lors d’un stage en France (début des années soixante) et ne l’a plus quitté. Jusqu’à sa retraite, il a pratiqué la photographie avec passion tout en assurant ses charges au garage des rails de Kayes.

Hachimi Oladejo Lawal quant à lui a quitté son Nigéria natal avec sa « camera box » et a cheminé, de pays en pays et de villes en villes, jusqu’à Gao où il s’installa au milieu des années soixante. Il est le premier photographe de studio de la ville des Askias.

La photographie des années cinquante la plus connue et qui suscite le grand engouement de professionnels est celle des capitales (Bamako, Dakar, Abidjan et autres). Elle est, au Mali, celle de Seydou Keïta et de Malick Sidibé. Dans l’ombre, loin des biennales et des festivals, hors du champs médiatique, de nombreux photographes talentueux conservent dans leurs archives les plus saisissants témoignages de ce qu’étaient les maliens d’avant avant. Ils gardent, dans de vieilles boites à papier « Kodak », les territoires intérieurs des hommes et du pays.  Les photographies de Kouyaté, de Diakité et de Achimi disent un temps passé et une beauté simple rencontrés à Ségou, Kayes et à Gao.

Chab Touré, commissaire

Bamako, Expositions

Infos

Institut Français du Mali

7 nov. / 25 nov. - Bamako


 
 
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